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Animal Justice porte plainte pour publicité trompeuse à propos des conditions de vie des vaches laitières du Québec

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Faits saillants :

  • Animal Justice a déposé des plaintes d’ordre juridique visant une publicité sur le lait diffusée au Québec qui montrent des vaches broutant librement dans un pâturage verdoyant, soutenant que cette campagne induit les consommateurs en erreur sur le mode d’hébergement habituel de ces animaux.
  • Plus de 70 % des étables laitières du Québec utilisent la stabulation entravée, où la grande majorité des vaches sont attachées par le cou dans des stalles individuelles et ne disposent que de possibilités extrêmement limitées de marcher, socialiser, brouter ou sortir à l’extérieur.
  • Le bien-être animal préoccupe vivement le public : dans le cadre d’un sondage, 81 % des Québécois se sont dits soucieux du bien-être des animaux d’élevage, et un sondage fédéral distinct a révélé que 66 % des consommateurs canadiens paieraient plus cher pour des aliments d’origine animale produits de façon éthique.
  • Le Canada s’en remet largement à des codes de pratiques élaborés par l’industrie plutôt qu’à des lois complètes et contraignantes régissant le bien-être animal dans les fermes. Le Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins laitiers continue d’autoriser la stabulation entravée et n’exige aucun accès à l’extérieur.
  • Animal Justice réclame une plus grande transparence dans la publicité agroalimentaire ainsi que des normes juridiques strictes et exécutoires pour protéger les animaux d’élevage, au lieu de laisser l’industrie s’autoréglementer.

Animal Justice a déposé des plaintes officielles contre une publicité de l’industrie laitière québécoise qui véhicule un portrait trompeur des conditions de vie des vaches laitières du Québec. Ces plaintes ont été soumises au Bureau de la concurrence du Canada, à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et à l’Office de la protection du consommateur du Québec. Animal Justice a également aidé des citoyens préoccupés par cette publicité à déposer des plaintes auprès des Normes de la publicité.

Cette publicité des Producteurs de lait du Québec (PLQ) est affichée dans des lieux publics très fréquentés à Montréal, notamment dans des stations de métro. Elle met en scène des vaches se déplaçant librement dans un champ verdoyant et affiche bien en évidence le slogan « Offrir le plus grand pâturage possible à nos vaches ». Un texte de plus petite taille indique également « Produit à la vitesse de la nature ».

La publicité met de l’avant le logo des producteurs de lait du Québec et la mention « bio » en petits caractères dans le coin inférieur gauche de l’affiche, ce qui laisse entendre qu’elle fait référence à la production biologique (une filière dans laquelle les vaches ont accès à l’extérieur). Or, dans sa plainte, Animal Justice explique que cette discrète mention « bio » est loin d’éclairer le public sur la réalité de l’élevage laitier conventionnel, où les vaches passent la majorité de leur vie attachées. 

Pour évaluer si une publicité induit illégalement le public en erreur, les organismes de réglementation doivent se baser sur « l’impression générale » que dégagent le texte et les images, et non s’en tenir à une interprétation étroite fondée sur des subtilités techniques. Par conséquent, Animal Justice estime que cette campagne des Producteurs de lait du Québec pourrait amener les consommateurs à croire que les vaches laitières accèdent généralement aux pâturages.

Conditions de vie des vaches laitières au Québec : une réalité cachée

Cette publicité donne l’impression aux consommateurs que les vaches laitières du Québec ont accès à de vastes pâturages et à de l’herbe fraîche. En réalité, plus de 70 % des étables laitières du Québec confinent les vaches en stabulation entravée.

Dans un tel système, les vaches sont attachées par le cou dans d’étroites stalles individuelles pendant des mois, voire toute leur vie. De lourdes chaînes ou des colliers entravent leurs mouvements, les empêchant de marcher, de brouter à l’extérieur, d’avoir des contacts sociaux naturels ou même de se retourner.

Bien loin de vivre « à la vitesse de la nature », ces animaux sensibles subissent une grave détresse physique et psychologique en raison de leur confinement permanent, et nombre d’entre eux ne mettront jamais les pieds dehors. En présentant des images idylliques à saveur écologique, la publicité en question masque la cruauté systémique du confinement et des privations imposées aux vaches laitières maintenues à l’attache.

Tromper le public sur le bien-être animal

Cette campagne de publicité désinforme les consommateurs québécois. Les conditions de vie des vaches dans les fermes laitières préoccupent vivement la population. De fait, un sondage réalisé par Léger pour le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) a révélé que 81 % des Québécois se soucient du bien-être des animaux d’élevage.

Les sondages montrent systématiquement que la plupart des gens sont prêts à débourser davantage pour des produits d’origine animale respectant des normes de bien-être rigoureuses. Par exemple, un sondage mené en 2023 par Agriculture et Agroalimentaire Canada indiquait que 66 % des consommateurs canadiens accepteraient de payer plus cher pour des aliments d’origine animale issus de méthodes de production éthiques.

Le fait de mettre en scène des vaches broutant librement dans les champs renforce l’impression générale que les vaches qui vivent dans les fermes laitières québécoises sont traitées dans le respect du bien-être animal. Cette stratégie de commercialisation va à l’encontre de la protection des consommateurs, dont l’objectif est d’assurer l’exactitude de l’information entourant les produits mis sur le marché et de contrer les allégations trompeuses.

Photo : Ira Moon | Animal Justice | We Animals

L’autoréglementation de l’industrie entretient l’illusion de normes contraignantes en matière d’élevage

Cette campagne publicitaire met en lumière une crise structurelle beaucoup plus vaste qui touche les animaux au Canada. Contrairement aux animaux de compagnie, les animaux d’élevage ne bénéficient de pratiquement aucune protection juridique encadrant leur bien-être quotidien dans les fermes. Ainsi, les exploitations agricoles soumettent des millions d’animaux à un confinement extrême, à des privations sévères et à des mutilations douloureuses, sans réelle surveillance gouvernementale ni sanction juridique.

Les producteurs laitiers peuvent maintenir les vaches attachées pendant toute la durée de leur cycle de production, car l’industrie dicte elle-même ses propres règles. Au lieu d’adopter des lois contraignantes, les gouvernements s’en remettent à des codes de pratiques volontaires et à l’autoréglementation de l’industrie par l’entremise du Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage (CNSAE).

Ces lignes directrices non contraignantes du Code de pratiques pour le soin et la manipulation des bovins laitiers permettent d’enchaîner les vaches tout au long de leur cycle de production. Ce code prévoit qu’à compter de 2027, une vache ne pourra plus être attachée pendant la totalité de son « cycle de production » (soit d’une insémination artificielle forcée au vêlage, et ainsi de suite) et qu’elle devra bénéficier d’une « possibilité régulière et suffisante de liberté de mouvement ». 

Toutefois, ce vague libellé permet toujours aux producteurs de maintenir les vaches attachées pendant la quasi-totalité de la journée. Aucune règle n’impose non plus de longueur minimale pour les attaches – il s’agit d’une simple recommandation suggérant une longueur d’au moins un mètre. Enfin, ce code de pratiques permet aux producteurs de confiner les vaches dans des bâtiments durant toute leur existence, sans exiger le moindre accès à l’extérieur. 

Exigeons des comptes et de véritables lois pour protéger les animaux d’élevage

Les consommateurs méritent la vérité sur l’origine de leurs aliments, et les animaux méritent de véritables protections juridiques plutôt que des directives volontaires imprécises. Nous ne pouvons pas compter sur l’autoréglementation de l’industrie par le truchement du CNSAE pour protéger les animaux contre les abus systémiques.

Bannière : Ira Moon | Animal Justice | We Animals


Foire aux questions (FAQ) :

Pourquoi Animal Justice a-t-elle porté plainte contre une publicité québécoise sur le lait?

Animal Justice a porté plainte contre une publicité affichée dans l’espace public québécois montrant des vaches se déplaçant librement dans un vert pâturage. Nous soutenons que cette annonce induit les consommateurs en erreur quant au mode d’hébergement habituel des vaches laitières au Québec et qu’elle crée une fausse impression du bien-être animal existant dans l’industrie laitière provinciale. Les plaintes ont été transmises au Bureau de la concurrence du Canada (BCC), à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et à l’Office de la protection du consommateur (OPC) du Québec. Animal Justice a également aidé des citoyens préoccupés par cette publicité à déposer des plaintes auprès des Normes de la publicité.

Comment la majorité des vaches laitières sont-elles logées au Québec?

Plus de 70 % des étables laitières du Québec recourent à des systèmes de stabulation entravée. Dans ces installations, les vaches sont attachées par le cou dans des stalles individuelles, ce qui limite considérablement leur capacité de se déplacer, d’avoir des contacts sociaux naturels, de brouter ou d’explorer leur environnement. Plusieurs vaches passent ainsi la plus grande partie de leur vie attachées et n’ont que peu ou pas d’accès à l’extérieur.

Pourquoi cette publicité sur le lait peut-elle être trompeuse?

Cette publicité met en scène des vaches dans un pâturage verdoyant, et elle affiche un message affirmant l’intention de leur « offrir le plus grand pâturage possible ». Bien qu’un petit logo « bio » placé dans le bas de la publicité puisse indiquer qu’il est question de lait biologique, Animal Justice soutient que cette image ne reflète pas du tout la réalité de l’élevage laitier au Québec tel qu’il se pratique de façon générale.

Les vaches laitières doivent-elles obligatoirement avoir accès à l’extérieur au Canada?

Non. Le code de pratiques volontaire pour les bovins laitiers au Canada n’exige aucunement que les vaches aient accès à l’extérieur. À compter de 2027, le code indique qu’une vache ne pourra plus être attachée pendant la totalité de son « cycle de production » (soit d’une insémination artificielle forcée au vêlage, et ainsi de suite) et qu’elle devrait bénéficier d’une « possibilité régulière et suffisante de liberté de mouvement ». Toutefois, ce vague libellé signifie que les producteurs pourront encore maintenir les vaches attachées pendant la quasi-totalité de la journée. Aucune exigence n’impose de longueur minimale pour les attaches – il ne s’agit que d’une simple recommandation suggérant une longueur d’au moins un mètre.

Les normes de bien-être qui prévalent dans l’industrie laitière canadienne sont-elles juridiquement contraignantes?

Non. Le code de pratiques pour les bovins laitiers n’est pas une loi. Il a été élaboré sous l’égide du Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage (CNSAE), un organisme dirigé par l’industrie qui établit des codes de pratiques volontaires pour le soin et la manipulation des animaux d’élevage.

Que réclame Animal Justice?

Animal Justice réclame une publicité honnête et transparente sur la manière dont les animaux d’élevage sont traités, ainsi que des protections juridiques accrues pour les animaux dans les fermes. L’organisme demande aux gouvernements fédéral et provincial d’adopter des normes de bien-être animal rigoureuses et juridiquement exécutoires, plutôt que de se fier à l’autoréglementation de l’industrie et à des lignes directrices volontaires.