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Le MAPAQ a laissé des abus se poursuivre dans un encan de bétail au Québec, selon une enquête d’Animal Justice

Saint-Hyacinthe (Québec), le 10 août 2026  De saisissantes images rendues publiques par Animal Justice, un organisme canadien de défense juridique des animaux, montrent le traitement cruel infligé à des veaux, des moutons et des vaches dans un encan de bétail au Québec.

Les images, tournées au début de l’année 2026, montrent des animaux terrifiés, dont certains poussent des cris de détresse alors qu’ils sont frappés avec des bâtons sur le dos, sur les flancs et au visage.

« Ces images sont difficiles à regarder. On y voit des moutons, des vaches et de jeunes veaux, certains âgés de quelques jours à peine, se faire frapper avec des tiges et des bâtons. Et cela ne constitue qu’un exemple de la façon dont le système d’autoréglementation de l’industrie  laisse tomber les animaux. Il est désespérant d’imaginer ce qui peut arriver aux animaux d’élevage derrière les portes closes ailleurs au Québec. »

L’enquête d’Animal Justice montre :

  • Des veaux, des moutons, des vaches et des chèvres vulnérables frappés, aiguillonnés et battus avec des bâtons sur le dos, les flancs et au visage. Des chèvres et des veaux empoignés, frappés à coups de pied et tirés brutalement par les cornes et les oreilles.
  • Une grave surpopulation, soit des animaux entassés dans de minuscules enclos et disposant de très peu d’espace pour bouger, voire aucun.
  • Des animaux apeurés poussant des cris de détresse, courant frénétiquement et cherchant désespérément à échapper aux coups.
  • Des animaux morts sur les lieux ainsi que des taches de sang sur le site de l’encan.
  • Des violations de certaines des rares protections juridiques accordées aux animaux d’élevage au Québec.

Le MAPAQ était au courant, mais n’a pas agi

Plus troublant encore, des documents obtenus en vertu de la loi sur l’accès à l’information par Animal Justice révèlent que des inspecteurs du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) ont été témoins du même type de sévices un an auparavant – mais le ministère n’a essentiellement rien fait pour y mettre fin ou pour éviter qu’ils ne se reproduisent.

À l’échelon provincial, le MAPAQ est légalement responsable de promouvoir la croissance économique, la rentabilité et la compétitivité du secteur agricole; or, il est également chargé de faire appliquer les lois provinciales sur le bien-être animal dans les fermes et les encans, ce qui crée un conflit d’intérêts au sein même de ce ministère.

« Selon les propres dossiers du gouvernement, des inspecteurs du MAPAQ ont documenté des sévices de ce type dans ce même encan en 2025, et le gouvernement n’a essentiellement rien fait pour y mettre un terme. C’est ce qui se produit lorsqu’une industrie est autorisée à rédiger ses propres règles – en décidant des pratiques jugées acceptables peu importe la souffrance qu’elles engendrent – et lorsqu’une même entité gouvernementale est chargée à la fois de promouvoir une industrie et de la surveiller », a déclaré Alanna Devine, directrice de la défense des animaux à Animal Justice.

À l’échelon fédéral, la situation est similaire : le ministère de l’Agriculture (Agriculture et Agroalimentaire Canada) et l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) ont pour mandat de promouvoir le commerce agricole, la croissance de l’industrie et la compétitivité à l’exportation, tout en étant simultanément chargés de réglementer et de faire appliquer les lois canadiennes – qui sont minimales – sur le transport et l’abattage des animaux, alors qu’aucune loi fédérale ne régit le bien-être animal dans les fermes.

Ces défaillances systémiques laissent des centaines de millions d’animaux élevés et tués pour l’alimentation sans aucune protection réelle. Animal Justice réclame une réforme globale de la protection des animaux d’élevage au Canada, telle que décrite dans le rapport Towards a National Framework for Farmed Animal Protection, publié conjointement par Animal Justice et d’autres grands organismes de protection animale plus tôt cette année.

« Si ces conditions étaient infligées à un chien ou à un chat, cela entraînerait très probablement des accusations de cruauté envers les animaux », a souligné Mme Devine. « C’est le résultat prévisible d’un système défaillant où l’industrie de l’élevage est autorisée à rédiger ses propres règles, et où les instances gouvernementales chargées de protéger les animaux font face à un conflit d’intérêts majeur. »

Personnes-ressources :

Alanna Devine
Directrice de la défense des animaux
[email protected]