Montréal, le 29 septembre 2026 – Animal Justice, principale organisation de droit animalier au Canada, porte plainte contre Les Producteurs de lait du Québec en rison d’une campagne publicitaire qui représente faussement la manière dont la grande majorité des vaches laitières sont élevées dans la province.
Dans plus de 70 % des étables laitières du Québec, les vaches sont confinées en stabulation entravée, c’est-à-dire attachées par le cou dans d’étroits enclos individuels pendant des mois, voire toute leur vie. Dans ces systèmes de confinement intensif, elles ne peuvent pas marcher, ni socialiser naturellement, ni brouter à l’extérieur, ni même se retourner.
Pourtant, une publicité des Producteurs de lait du Québec affichée dans des lieux publics très fréquentés, notamment des stations de métro de Montréal, montre des vaches broutant librement dans un champ verdoyant, et on peut y lire la formule suivante placée bien en évidence : « Offrir le plus grand pâturage possible à nos vaches ». Un texte plus petit indique également : « Produit à la vitesse de la nature ». Bien que la publicité porte le logo « lait bio » – une production où les vaches ont accès au pâturage saisonnier –, celui-ci passe facilement inaperçu et continue d’entretenir l’impression générale erronée que les vaches laitières québécoises sont élevées dans les champs.
« Cette publicité tente de vendre du rêve, car la réalité actuelle de l’élevage laitier dans la province choquerait de nombreux Québécois », a déclaré Alanna Devine, directrice de la défense des animaux à Animal Justice. « L’industrie laitière veut que le public s’imagine que les vaches broutent librement dans de pittoresques prairies vertes, mais la plupart d’entre elles sont en réalité attachées dans des stalles. »
« La vaste majorité des vaches laitières du Québec ne mettront pratiquement jamais les pieds dehors, et encore moins pour brouter dans un pâturage. Elles passeront leur vie enchaînées dans une stalle, soit exactement le contraire de ce que décrit la publicité. »
Un sondage réalisé par Léger pour le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec a révélé que 81 % des Québécois se soucient du bien-être des animaux d’élevage. De plus, un sondage mené en 2023 par Agriculture et Agroalimentaire Canada indiquait que 66 % des consommateurs canadiens seraient prêts à payer plus cher pour des aliments d’origine animale produits de manière éthique.
Les plaintes déposées par Animal Justice font valoir que cette campagne publicitaire tire indûment profit de cette préoccupation des consommateurs à l’égard du bien-être animal en leur montrant une vision de l’élevage laitier qui n’est pas représentative de la réalité de l’industrie.
Contrairement aux animaux de compagnie, les animaux d’élevage ne bénéficient de presque aucune protection juridique encadrant leur bien-être dans les fermes. Les fermes laitières peuvent maintenir les vaches enchaînées pendant toute la durée de leur cycle de production parce que les règles sont établies par l’industrie elle-même.
Au lieu d’adopter des lois contraignantes, les gouvernements laissent l’industrie élaborer des codes de pratiques volontaires et s’autoréglementer par l’intermédiaire du Conseil national pour les soins aux animaux d’élevage (CNSAE).
La plainte d’Animal Justice a été soumise au Bureau de la concurrence du Canada (BCC), à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) et à l’Office de la protection du consommateur (OPC) du Québec. Animal Justice a également aidé des citoyens préoccupés à déposer des plaintes auprès des Normes de la publicité.
Source :
Alanna Devine
Directrice de la défense des animaux
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Josh Lynn
Responsable des relations publiques
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